Les tombes sont lune des sources dinformations essentielles qui permettent dapprocher le fonctionnement des sociétés
davant lhistoire. Le mode de sépulture caractéristique
du premier âge du Fer est le tumulus : il sagit dun
monument funéraire édifié par la collectivité
au profit à chaque fois dun seul défunt, et dont lemplacement
peut être entretenu et réaménagé durant plusieurs
siècles. Seule une minorité de la population bénéficie
de ce type de sépulture et est représentée par des
nécropoles à caractère familial.
Entre les 9e et 7e siècles avant notre ère, ces pratiques funéraires sont dominées
par les hommes et la guerre. Dans le courant du 6e siècle,
une crise bouleverse cette tradition : la construction des tumulus tend
à nêtre plus réservée quà
de très rares tombes de statut exceptionnel, à char ou à
importations dobjets de luxe méditerranéens. La plus
grande part des sépultures qui bénéficiait jusqualors
de monuments funéraires individuels se trouve reléguée
dans de simples fosses à inhumation (tombes plates). Ces sépultures sinstallent souvent dans des tumulus édifiés
un ou deux siècles auparavant pour la tombe de personnages avec
lesquels elles paraissent entretenir des liens de descendance. Ces lignées
de sépultures adventices entretiendront longtemps cette mémoire des
communautés du début de lÂge du fer : elles
continueront à en fréquenter les tumulus durant les 5e
et 4e siècles avant notre ère, jusquà
ce que de nouvelles pratiques funéraires ne simposent avec
le passage à La Tène moyenne.