Le château, en très mauvais état, est classé au titre des monuments historiques le 8 avril 1863.
Les travaux de rénovation sont confiés à larchitecte
Eugène Millet, élève de Viollet-le-duc, et seront
poursuivis par Laffolye et Daumet jusquau début du XXe siècle.
Cette transformation du château en musée a permis de sauvegarder
ce monument historique délabré par toutes ses affectations
successives. Lintérieur nétait quun dédale
de cellules, de corridors, de faux planchers et de cloisons encombrant
les salles et ruinant les étages sous leur poids. A lextérieur,
le château était démantelé et couvert dun
enduit noirâtre...
Millet présente deux projets de restauration : conserver le château avec toutes ses annexes, sans rien y changer,
en se bornant à consolider les parties en mauvais état ou
inachevées ; ou supprimer ces annexes (les lourds pavillons
dangle) et restituer le château tel quil était
sous François Ier. Cest ce dernier projet qui est retenu.
La création du musée des Antiquités nationales
Le 1er avril 1865, la première réunion (sur les huit) de la Commission dorganisation du musée se
réunit sous la présidence du Comte de Nieuwerkerke, surintendant
des Beaux-Arts (en quelque sorte notre Ministre de la Culture). Cette
Commission regroupe de grands noms de larchéologie comme
Alexandre Bertrand, Édouard Lartet, Félix de Saulcy, et
Jacques Boucher de Perthes ; Le projet définitif sera luvre
de Auguste Verchère de Reffye, Alexandre Bertrand et Claude Rossignol. Le premier directeur du musée est Alexandre Bertrand. Il va adopter le classement chronologique des objets alors que jusque-là
a prévalu le classement par matière.
Le premier règlement du musée, en 1866, précise que « le musée de Saint-Germain a pour but de centraliser tous les documents relatifs à lhistoire
des races qui ont occupé le territoire de la Gaule depuis les temps
les plus reculés jusquau règne de Charlemagne ;
de classer ces documents daprès un ordre méthodique ;
den rendre létude facile et à la portée
du public ; de le publier et den propager lenseignement ».
Le Musée des Antiquités nationales est donc le premier (et toujours aujourdhui, le seul) musée
consacré entièrement à larchéologie
du territoire national. Cest ce qui le distingue également des départements archéologiques
du Louvre qui se développent à la même époque.
Les sept premières salles sont inaugurées par lEmpereur le 12 mai 1867, sous une pluie battante. Cette date
avait été choisie en relation avec lExposition universelle.
Quarante-quatre salles sont déjà ouvertes au public en 1898.
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Gabriel de Mortillet |
Histoire du musée et Histoire
de l’archéologie
L’histoire du musée des Antiquités nationales est inséparable de celle du développement de l’archéologie française et européenne. Parmi les toutes premières collections à être entrées figurent celles de Jacques Boucher de Perthes aux environs d’Abbeville (Somme) qui révélèrent, à la fin du XXe siècle, l’existence d’une humanité préhistorique antérieure de très loin aux Gaulois.
L’essor de la préhistoire française devait connaître par la suite une extraordinaire expansion, grâce au travail de Gabriel de Mortillet, inventeur de la chronologie préhistorique actuelle, qui fit entrer de très nombreuses séries archéologiques de référence au Musée. On doit également à Edouard Piette la plupart des pièces d’art paléolithique conservées au Musée, dans la disposition qui a été voulue au début du XXe siècle.
L’archéologie gauloise est littéralement née avec les recherches de Félix de Saulcy, Alexandre Bertrand et Jacques-Gabriel Bulliot sur les lieux de la Guerre des Gaules, en particulier à Alésia et à Bibracte. Dans l’entre deux guerres, c’est Henri Hubert qui devait concevoir une refonte complète des collections du musée, en leur adjoignant une section complète d’archéologie comparée, faisant notamment appel aux découvertes de l’Extrême Orient.
Les grands archéologues du XXe siècle ont contribué à l’enrichissement et à l’étude des collections, comme en particulier l’Abbé Breuil, Louis Capitan, Henri et Jacques de Morgan, l’Abbé Cochet, Joseph Déchelette, et bien d’autres encore.
Origines des collections préhistoriques du musée (document téléchargeable)
Les rénovations d'André Malraux (document téléchargeable)
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| Haches cérémonielles Nouvelle-Guinée |
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Le Musée aujourdhui
Des collections nouvelles continuent dentrer à Saint-Germain. Elles proviennent des recherches actuelles menées
en France ou à létranger (comme lextraordinaire
série dobjets de Nouvelle-Guinée, collectée
par Pierre Pétrequin) ou encore dimportantes fouilles de sauvetage, comme lexceptionnel mobilier des tombes à char gauloises
de laéroport de Roissy découvert en 1995.
Si le don constitue lun des modes denrichissement des collections, le Musée achète aussi des objets auprès
de galeries spécialisées, de particuliers ou lors de ventes
publiques. Cest ainsi que dernièrement, le musée a
fait deux acquisitions exceptionnelles : une coupe en verre du IVe
siècle gravée représentant le sacrifice dIsaac
par Abraham et un trésor en or de lÂge du Bronze comportant
2 torques et 4 bracelets.
Aujourdhui encore le Musée se transforme. Un programme de rénovation des salles est actuellement en cours.
Le public profite de la nouvelle présentation du premier âge
du Fer depuis lautomne 1999. Le Néolithique et lÂge
du Bronze ouvriront de nouveau en décembre 2001. La rénovation
des salles dAlésia et de celles de la Tène débutera
en 2002.
Les collections du musée